"Here is my secret. It is very simple: It is only with the heart that one can see rightly; what is essential is invisible to the eye.."- Antoine de Saint Exupéry

Archive for March 3, 2012

Don’t worry baby

Don’t worry baby

All will be fine very soon

You will get better.


Simply red

deep red

from the blood

running through nature’s veins


nature flash

ephemere moments
when petals kiss the air
frozen by the flash


feel

no passing of time

fades the memory of us.

I still feel her.


Viens lentement t’asseoir , Emile Verhaeren

Viens lentement t’asseoir
Près du parterre dont le soir
Ferme les fleurs de tranquille lumière,
Laisse filtrer la grande nuit en toi:
Nous sommes trop heureux pour que sa mer d’effroi
Trouble notre prière.

Là-haut, le pur cristal des étoiles s’éclaire:
Voici le firmament plus net et translucide
Qu’un étang bleu ou qu’un vitrail d’abside;
Et puis voici le ciel qui regarde à travers.

Les mille voix de l’énorme mystère
Parlent autour de toi,
Les mille lois de la nature entière
Bougent autour de toi,
Les arcs d’argent de l’invisible
Prennent ton âme et sa ferveur pour cible.
Mais tu n’as peur, oh ! simple coeur,
Mais tu n’as peur, puisque ta foi
Est que toute la terre collabore
A cet amour que fit éclore
La vie et son mystère en toi.

Joins donc les mains tranquillement
Et doucement adore ;
Un grand conseil de pureté
Flotte, comme une étrange aurore,
Sous les minuits du firmament.

Les heures claires (1896)


Evocation / Évocation – Nichita Stanescu

 

She was beautiful like the shadow of an idea

Her back smell like baby skin

Like freshly broken stone

Like scream from a dead language

She had no weight like respiration

Laughing and crying with big tears

She was salted like the salt

Offered at big feasts by barbarians.

She was beautiful like the shadow of an idea

Among waters, she alone was a shore.

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Elle était belle comme l’ombre d’une idée.

Ses épaules sentaient la peau fraîche d’une enfant;

à une pierre elle semblait – vite brisée,

au cri elle paraissait – dans une langue morte.

Elle n’avait pas de poids comme le halètement.

Souriante – larmoyante aux grandes larmes, rares —

elle était salée comme le sel poudroyant

consacré aux festins par les vieux barbares.

Elle était belle comme l’ombre d’une pensée.

Entre les eaux, elle était à elle seule, la terre affamée.

 

 


Jeune lionne – l’ amour , Nichita Stanescu

Jeune lionne, l’amour

a sauté sur moi.

Elle m’avait guetté, toute tendue,

depuis quelque temps dejà.

Ses blancs crocs, elle me les a enfocés dans la face,

aujourd’hui la lionne m’a mordu la face.

Et brusquement la nature

se tourna en cercles tout autour

de moi, tantôt plus large et tantôt plus près

tout comme des eaux serrées.

Et le regard jaillit en haut,

arc-en-ciel coupé en deux,

par l’ouie aussi rencontre,

des alouettes tout près.

J’ai porte la main à mon sourcil,

à ma tempe, à mon menton aussi,

mais la main ne les reconnaît plus.

Et elle glisse inconsciemment

sur un désert rayonnant,

sur lequel passe en douceur

une lionne cuivrée

aux perfides mouvements,

pour un temps

et un autre temps…